02 juillet 2008
Le petit début ^^
Chapitre 1 : Première rencontre
Boum !
La jeune fille se retourna vivement.
Boum !
Elle se pencha pour effleurer l’emprunte de pas, puis observa la route en terre devant elle. Il n’y en avait pas d’autres.
Boum !
Finalement, elle prit une dague et suivit les traces dans la forêt, courant avec agilité entre les troncs et les buissons.
Un cri.
Ses dents grincèrent de frustration et elle accéléra sa course.
Un hurlement de terreur…
Elle déboula dans une clairière argentée par la pleine Lune. Sa prise se raffermie autour de la poignée de son arme et elle chercha frénétiquement du regard l’origine de ces bruits. Ses yeux aiguisés aperçurent un mouvement au nord. Elle y courut, plus rapide que n’importe qu’elle jeune fille de son âge. Sur le sol, une mare de sang. Elle ramassa l’arme à feu et siffla en y trouvant des balles en argent. Il en manquait trois. Inquiète, elle suivit les traces sanglantes jusqu’à une falaise. Puis elle le vit. Colin. Son frère. Tenant le chasseur de loup-garou par-dessus le précipice. Elle poussa un cri et se jeta sur eux. Trop tard. Colin avait lâché l’homme qui, à présent, devait être mort par dislocation. La jeune fille lança un regard à son frère, mécontente.
« Tu aurais du m’attendre… »
L’étrange créature mi-homme, mi-loup, prit peu à peu une apparence humaine. Colin était blond, comme le laissait deviner sa fourrure caramel clair. Ses yeux, en amandes comme ceux d’un chat, était aussi noir que ses crocs étaient blancs. Dans le clair de lune, la jeune fille pouvait sans mal détailler le visage brut et séduisant de son aîné, qui n’exprimait aucun remords. Tout ce qui restait de ses habits était un pantalon en loque et un gilet qui ne cachait presque rien de son corps puissamment musclé et légèrement halé. Il baissa les yeux pour la regarder, puis sa main se posa sur son épaule.
« Au lieu de me sermonner, tu devrais m’aider à extraire ces trois balles… »
Il lut dans le regard de sa sœur un début de panique, rapidement maîtrisé. Remettant sa dague dans son fourreau, elle l’aida à s’asseoir et se mit au travail. Ses doigts opéraient avec agilité, et le jeune loup-garou n’eut pas le temps de grogner de douleur que les balles gisaient sur l’herbe à côté de sa sœur.
« Tu es mon ange à moi, ma petite Maya… soupira t il en lui caressant les cheveux. »
Elle le regarda de ce regard bleu vif qui remplissait son cœur d’amour. Puis un sourire se dessina sur ses lèvres.
« Petite ?
- Bien plus que moi… »
Son sourire se transforma en moue. Elle était bien plus petite que tous les autres membres de la meute, et son frère n’en ratait pas une pour le lui faire remarquer. Elle se redressa du haut de son mètre soixante sept, levant son menton avec défi. Colin se pencha et lui effleura la joue d’un baiser.
« J’ai entendu dire certains que c’est ce qui faisait ton charme. »
Maya leva les yeux aux ciels puis tourna le dos à son frère.
« Père doit nous attendre. (Elle jeta un coup d’œil au corps en bas de la falaise.) On va encore devoir bouger…
- Je suppose, soupira le jeune homme en haussant les épaules. Ça fait le quatrième en cinq mois. Ça devient inquiétant.
- Avec la chasse aux loups s’associe la peur de l’étrange… Et m’étonnerait pas que toutes les créatures de la nuit soient pourchassées.
- Les humains sont si agaçants !
- Ta mère en était une… lança Maya avec un sourire ironique.
- Je parlais de la communauté, répondit Colin en essayant de mettre un semblant d’ordre dans ses cheveux. Il y a beaucoup d’humain que j’apprécie. Au cas par cas.
- Ouais ouais… »
La jeune fille se mit en route. Elle n’avait pas encore seize années, et pourtant s’était surprise à détester les humains, et toutes les autres créatures, plus que de raison. Mais, elle ne pouvait s’empêcher de leur chercher des excuses. La main de son frère se glissa dans la sienne et ils regagnèrent la meute silencieusement.
Suite du chapitre 1 !
Maya regarda autour d’elle.
Des arbres.
Des maisons.
Des humains.
Elle sentit les bras de Colin lui entourer les épaules. Ils avaient 73 années de différences, et pourtant était très liés. Alors que le jeune loup-garou avait une humaine comme mère, Maya avait une louve. Elle était donc née en louve. Une petite louve blanche que sa mère, voyant la différence de cette progéniture, avait confiée à son père. Ce fut Colin qui l’avait élevé. Quand elle avait pu se transformer, le jeune homme était tombé sous le charme de cette petite créature blonde aux immenses yeux bleus. A cette époque, elle n’avait que cinq ans. Mais les loups mûrissent plus vite que les humains, et elle atteignit sa taille adulte en moins de deux ans. Depuis, Colin protégeait cette délicate jeune femme qu’était Maya. Enfin, délicate en apparence. Elle n’avait pas encore la permission de se transformer en mi-loup, mi-femme, mais, en louve, elle était impressionnante. Plus petite, certes, mais si nerveuse que tous la craignait. Mais là, frissonnant dans le froid, elle ne terrifiait personne. Il la serra un peu plus, lui communiquant la chaleur de son corps d’homme. Elle sourit et le remercia d’un souffle. Puis son regard se perdit dans le paysage.
« Tu devrais aller voir, suggéra Colin. Ça te rassurera !
- Rassurera sur quoi ? demanda t elle, feignant l’incompréhension.
- Les humains, soupira Colin. Tu pourras voir que certains ne sont pas comme tu les imagines.
- Tu te fais attaquer, avoue qu’il t’agace, moi je les défends et …
- Tu les hais, je le sais. Tu es plus louve, et pour cela, tu ne ressens aucune sympathie à leurs égards.
- Pourquoi les défendrais-je alors ?
- Pour te donner bonne conscience.
- Tu dis vraiment n’importe quoi, grogna la jeune fille en jetant un coup d’œil faussement dédaigneux à son frère.
- Réfléchis y. tu pourrais te faire des amis. Et ainsi éviter que l’on ne nous soupçonne encore d’être des créatures sans foi ni loi. »
Elle ne répondit pas, fixant l’horizon avec agacement. Colin soupira et retourna auprès de la meute. Maya le regarda partir du coin des yeux, puis fronça les sourcils. C’était ridicule, cette aversion pour un peuple inconnu. En tant que louve, elle s’agaçait de cette facette humaine qu’elle possédait, balayant les principes lupins. Au bout de quelques minutes, elle inspira profondément et se dirigea vers le village.
Allez, on poursuit !
La fête battait son plein.
Mieux, on s’amusait.
Enormément.
Maya regarda autour d’elle, intriguée. Certes, elle savait faire la fête, mais pas ce genre de fête là. Pas avec cette boisson à l’odeur forte et donnant le tournis, pas avec ces rires gras et cette décadence. Elle contourna un couple qui semblait occupé à s’explorer les amygdales et trouva un coin calme où elle pouvait observer les humains en toute tranquillité. Ils portaient tous des vêtements étranges, allant des animaux, à des créatures de la nuit tel des fantômes. Elle attrapa le bras d’un jeune garçon.
« Pourquoi y a-t-il une fête ?
- Parce que c’est carnaval ! »
Et avant qu’elle ne puisse demander ce qu’était le carnaval, il fila. De plus en plus curieuse, la jeune fille observait chaque détail de la fête, et se surpris à sourire. Un sourire franc et appréciateur. Un jeune homme se laissant lourdement tombé en face d’elle, de l’autre côté de la place, attirant son attention. Il était grand et fortement séduisant, fascinant même, avec des cheveux noirs comme la nuit, élancé et athlétique. Il souriait autour de lui, donnant des tapes sur les épaules. Une femme se pencha vers lui, lui offrant une vue plongeante de son décolleté, mais il la repoussa avec un sourire poli. Puis il leva les yeux qui rencontrèrent ceux de Maya. La jeune fille les détourna aussitôt, consciente que fixer quelqu'un était impoli chez les humains. Un instant après, le jeune homme se laissa tomber à côté d’elle. La jeune louve fit mine de ne pas s’en être aperçut et continua à détailler la fête, mais aucune de ses observations ne s’imprima dans son esprit.
« Curieux, n’est ce pas ? »
Elle regarda son voisin. Il souriait, dévoilant des dents d’une blancheur éclatante. Si de loin il avait pu paraître beau, de près, il l’était encore plus. Elle le dévisagea, peu habitué au charme délicat et gracieux du jeune humain. Il se pencha vers elle, ses yeux émeraudes plantés dans le bleu vif de Maya. La jeune louve recouvra l’usage de la parole.
« Effectivement… Je n’ai jamais rien vu d’aussi curieux, comme vous dites, répondit elle en désignant un humain torse nu, buvant la bière à même le baril. »
Le jeune homme éclata d’un rire séduisant puis tendit sa main.
« Je me nomme Allen.
- Maya, répondit elle en lui tendant la sienne.
- Très beau nom. Êtes vous d’ici, Maya ? (La jeune fille sentit ses joues rosir.)
- Pas vraiment, nous sommes de passage, et mon frère m’a suggéré de venir faire un tour…
- Votre famille laisse une jeune fille sans défense descendre seule au carnaval ? s’esclaffa Allen. Etonnant !
- Ne vous en faites pas pour moi, répondit Maya.»
Allen lui offrit un petit sourire en coin et ils observèrent tout deux la fête. Puis Maya rompit de nouveau le silence :
« Et vous, êtes vous d’ici ?
- Non. Mais je suis déjà venu, plusieurs fois.
- Restez vous longtemps dans le coin ?
- Sûrement une semaine ou deux. (Il lui jeta un coup d’œil.) Et vous ?
- Aussi longtemps que nous le pourrons. (Elle tripota sa robe.) Mon père aime voyager, et je ne serais pas surprise si dans une semaine nous bougeons encore…
- Autant vous amuser, alors ! »
Et il lui attrapa la main. Le contact réchauffa automatiquement Maya, dont le rythme cardiaque s’accéléra légèrement. Avec un sourire charmeur, Allen l’entraîna sur la piste de danse. La jeune fille n’avait jamais dansé avec un homme de sa vie. Mais Allen la saisit fermement par la taille et l’entraîna dans une valse virevoltante. Il était excellent danseur, mais la musique ne collait pas avec leurs mouvements. Grand bien me fasse, marmonna silencieusement Maya. J’ai l’impression de rêver…
Ils ne se quittaient pas des yeux, autant fascinés l’un que l’autre, seuls dans leur bulle. Doucement, leurs corps s’entrechoquèrent doucement et la danse se fit plus lascive. Maya ferma les yeux en sentant le parfum entêtant d’Allen. Se dernier se pencha comme pour l’embrasser… Puis Maya entendit le hurlement. La musique s’arrêta, le silence se fit. Elle se détacha d’Allen, craignant avoir commencé la transformation. Non. Un vampire aspirait le sang d’une jeune humaine. Maya sentit Allen se déplacer vers le vampire. Puis le vit le tirer en arrière. Ses yeux exprimaient… de l’agacement. Et un peu de colère. Maya se remit du choc beaucoup plus rapidement que les humains. Puis ceux-ci s’enfuirent en criant. La jeune louve ne bougea pas, fixant obstinément les deux vampires. Allen criait :
« Espèce d’idiot ! En public ! »
L’autre, les cheveux roux, un air coquin et follement beau avait la tête baissée, les yeux débordant de culpabilité. Brusquement, ils se retrouvèrent seuls tous les trois. Allen se tourna vers elle, fronçant les sourcils. Le rouquin leva les yeux et l’aperçut.
« Tu devrais relâcher l’envoûtement.
- Je l’ai déjà fait…
- Alors comment… ? »
Maya éclata alors de rire. Elle était tellement hilare qu’elle se laissa tomber sur le sol. Des vampires. Elle n’avait même pas été fichu de reconnaître les pires ennemis de son espèce. Pire, elle ne ressentait pas la haine qu’était sensé accompagner la contact avec l’un d’eux. Elle essuya une larme en calmant sa respiration. Tordant. Vraiment. Les deux vampires la regardèrent avec dédains.
« Elle doit avoir perdu la tête à cause du choc, suggéra Allen.
- Où alors, ta proie est une folle. »
Proie ? Le visage de Maya se durcit et elle se releva. Elle fit un pas hésitant vers les vampires, puis un autre, plus sur. Elle les dépassa et se pencha vers le corps. La jeune femme était encore vivante. Mais elle ne survivrait pas longtemps, avec une hémorragie pareille. Maya parla sans même réfléchir.
« Vous avez bu assez pour qu’elle se transforme ? »
Les deux hommes se regardèrent. Puis le roux répondit :
« Non.
- Ok. »
Elle se mordit le doigt avec assez de force pour le faire saigner, puis le posa sur la plaie, qui se referma aussitôt. Elle se pencha et lui donna le souffle du loup, qui redonnait des forces aux blessés. Lorsqu’elle se releva, les deux hommes n’avaient pas bougé. Elle s’approcha vers eux, puis se pencha pour les flairer, attendant la réponse violente du loup en elle. Rien. Elle recula en fronçant les sourcils. L’odeur du sang lui donnait le tournis, de même que cette situation. Elle détaillait les vampires, cherchant désespérément le détail qui la transformerait. Rien. Enfin, elle soupira.
« Vous feriez mieux de vous éclipser avant que les humains ne reviennent, armés, cette fois ci. »
Un sourire cruel étira les lèvres d’Allen. Maya vit alors les crocs. Elle sentis un frisson la parcourir. Ni de peur ni de haine.
« Nous ne craignons pas les humains.
- Et le soleil ? C’est bientôt l’aube.
- Non plus.
- Les pieux ?
- Que sont quelques morceaux de bois ?
- Qu’ils se contentent tout bonnement de vous taillader ?
- Qu’ils essaient… (Maya soupira devant l’arrogance du vampire.)
- Il y a des chasseurs de vampires qui sont loin d’être des ignorants, et qui, contrairement à moi, doivent savoir comment vous éliminer. Vous devriez partir avant que l’un d’eux ne vous prenne en chasse… »
Allen fronça les sourcils puis se pencha vers elle. Maya sentit encore le parfum capiteux de sa peau, la tête lui tourna encore.
« Pourquoi vous inquiétez vous à notre sujet ?
- J-je ne m’inquiète pas, répliqua la jeune fille. J’essais juste de me débarrasser de vous avant l’aube, afin de sauver cette pauvre fille. (Elle trouva plus d’assurance.) Les humains l’ont vu être mordu par un vampire et penseront qu’elle en deviendra une aussi. L’épreuve du soleil devrait suffire à les dissuader qu’elle en est une. Mais s’ils vous voient en plein soleil… »
Ils la regardèrent silencieusement. Puis le rouquin disparut. La jeune fille sursauta mais de ressaisit. Allen se pencha vers elle, effleura son cou de ses lèvres. Elle recula brusquement, son cœur battant à la chamade. Avec une moue ironique, le jeune vampire fit une gracieuse révérence et disparut. Aussitôt, Maya s’occupa de la jeune fille évanouit. Elle chercha autour d’elle de l’eau et un endroit où l’allonger. Elle renversa une table et la déposa avec douceur, puis chercha parmi les carafes une qui contenait de l’eau. N’en trouvant pas, elle en prit de la fontaine. Une heure plus tard, les villageois revenaient armés et prudents. Voyant que seule la jeune fille blessée et Maya se tenait sur la place, certains baissèrent leurs armes. Le chef du village s’approcha.
« Où sont les vampires ? tonna t il. »
Maya se tourna vers lui, les traits tirés d’épuisement. Elle n’avait cesser d’utiliser ses capacités de loup pour tenter de sauver la jeune fille. Elle répondit néanmoins d’une voix forte.
« Ils ont disparut…
- Que fais tu là ? Tu n’es pas de notre village…
- Je suis de passage dans le coin.
- Comment se fait il que…
- Je me suis cachée. Apparemment, le deuxième vampire m’avait hypnotisé et je n’ai pas pu m’enfuir.
- Pourquoi ne t’a-t-il pas mordu ?
- Il était trop furieux, je pense. J’ai été libéré dès qu’ils ont disparut… »
L’homme parut satisfait de sa réponse. Une femme s’écria :
« Belinda ! oh, ma Belinda va devenir une vampire ! »
Maya regarda la femme. Elle était en pleurs, les bras entourant son ventre comme si elle subissait d’affreuses douleurs… Elle lui sourit.
« Ne vous en faites pas. Votre fille est vivante et tant que son cœur bat, elle ne deviendra pas une vampire.
- Comment le savez vous ? demanda aussitôt un homme, soupçonneux.
- De là où je viens, les vampires pullulent et il y a des morsures assez souvent, mentit Maya. Mais la grande majorité des victimes sont soit mortes, soit toujours humaines. Notre guérisseur suppose que les vampires doivent boire une certaine quantité de sang pour transformer un humain. Qui meurt en dix minutes exactement. Et revit après. Votre fille a survécut au-delà de ces dix minutes. Cela fait plus d’une heure et la plaie s’est déjà refermée. »
Les villageois s’approchèrent et certains touchèrent Belinda en regardant maya, peu convaincu. Elle ajouta aussitôt :
« Attendez le lever du soleil et vous serez fixés. »
Tous hochèrent la tête. Lorsque leur attention ne fut plus que sur Belinda, Maya s’éclipsa discrètement.
Han han, je sais je sais, c'est rapide et improbable...
Et pis ce passage est plus long xD
Pour le fun, encore un morceau...
« Vraiment ? s’esclaffa Colin. Tu ne haïssais pas les vampires ?
- Et j’aurais du leurs sauter à la gorge ! s’écria Maya en secoua sa cascade de cheveux blonds. Je ne comprends pas.
- C’est peut être parce que tu es trop jeune… Ou que tes sens de loup garou sont affaiblis sous ta forme humaine, fit un autre jeune de la meute.
- Ou alors ils étaient vraiment faibles… ajouta un autre.
- Ou vraiment fort, contra Colin. Pour se téléporter…
- Le rouquin paraissait plutôt jeune, marmonna Maya. Mais pas dénué de force… Le brun lui… Je ne sais pas… »
Son père lui posa la main sur l’épaule. Ils avaient pris la route dès que Maya était revenue et elle avait enfin raconté l’histoire une demi journée près leurs départ. La voix grave de Fir-hen détendit la jeune louve.
« Ne t’en veux pas. Tu as bien d’autres talents pour te préoccuper de cette défaillance…
- J’aurais du les éliminer…
- Tu n’as que seize ans, et n’y connais rien. ta réaction a été la plus sage. »
Sur ce, il retourna en tête de la meute. En temps normal, ils se déplaçaient en loups. Mais depuis le début de la chasse, il y a trois ans… Colin entoura d’un bras les épaules de sa sœur.
« La prochaine fois, hurle, j’arriverais en courant…
- Il n’y aura pas de prochaine fois, marmonna la jeune fille. Dès que je vois un homme fascinant, je trace ma route. »
Le rire de son frère se répercuta dans la forêt. Puis il se pencha vers l’oreille de sa sœur.
« Comment trouves tu les humains ?
- Peureux, faibles, et crédules. Sans oublié sans gène, étrange et… Ma foi, tu as raison, certains peuvent être appréciables…
- Aha ! Je savais que l’on serait du même avis.
- J’ai cru comprendre qu’ils aiment boire un liquide mousseux. C’est quoi ?
- De la bière, répondit un loup plus âgé que le reste du groupe formé autour de Maya. Evite d’en boire, ça fait perdre le contrôle de notre corps.
- N’écoute pas Grahim, gloussa Colin. La bière, ça met de bonne humeur, tout comme le vin, d’ailleurs…
- Ou les liqueurs !
- Le whisky…
- C’est quoi ? demanda Maya.
- De l’alcool, répondit une femme avec une grimace. C’est fort et…
- Procure des sensations agréaaaaaables ! ricanèrent les trois amis de Colin et Maya. »
La jeune fille écouta la dispute entre la louve d’un âge certain et les jeunes loups autour d’elle. Colin et Liam avait le même âge et étaient les plus âgés, soit 89 ans. Jasmay devait avoir dans les 65 années et Yolin 37 ans, tout au plus. Avec les 16 ans de Maya, ils formaient le groupe des plus jeunes de la meute. Ils se confrontaient sans cesse aux adultes et n’obéissait qu’aux ordres de Fir-hen. Maya pensait que leur attitude était bien peu celle d’un loup, mais s’étaient rendu compte que c’était un compromis entre le côté loups et le côté humain. Elle conservait néanmoins ses habitues de loups et obéissait humblement aux plus puissants. Aussi, elle ne participait jamais à ce genre de discussion. Elle en profita pour se glisser en fin de file et réfléchir aux évènements de la nuit. Elle les repassa dans sa tête, jusqu’au moment où Allen se penchait vers elle… Avait il prévue de l’embrasser, ou s’était il pencher pour… non, pas en publique. Sûrement qu’il voulait lui demander si elle voulait bien le suivre dans une ruelle sombre… A cette idée le cœur de Maya s’affola. Elle revit les crocs du vampire. Elle ne nia pas avoir eut peur… Mais elle avait surtout était fascinée. Elle voulait le revoir. Peut être qu’il n’avait pas réussi à rompre l’envoûtement… Plongée dans ses pensées, la jeune fille suivit silencieusement sa meute.
03 juillet 2008
Allez, hop hop hop, le deux !
Chapitre 2 : Les chasseurs.
Le soleil perça à travers l’épaisse masse de feuilles. Le rayon tenta vainement de réveiller la jeune louve qui dormait au pied d’un vieux chêne. Trois jours auparavant, la meute avait été attaqué et avait du se séparer. Maya s’était retrouvée seule, et s’était transformée pour courir plus vite et s’éloigner des chasseurs. Fatiguée de ces trois jours de course incessante, elle avait fini par se rouler en boule, sous forme humaine, dans les racines d’un très vieil arbre.
Le rayon persista et trouva enfin les yeux de la jeune fille. Elle papillota et se redressa légèrement. Encore ensommeillée, elle regarda autour d’elle d’un air hagard, puis les souvenirs affluèrent. Elle sentit son ventre se nouer et tendit l’oreille. Aucun aboiement, ou hurlement. Rien que le vent soufflant entre les arbres, l’eau ruisselant entre les rochets… L’eau ? Maya sauta sur ses jambes et partie à la recherche de ce précieux liquide. Trois jours sans boire, ni manger, filant à travers les arbres, la peur lui tenaillant les entrailles. Elle trouva rapidement le ruisseau, s’y jeta presque dedans. Enfin hydratée, elle regarda autour d’elle. Elle vit des plantes et racines comestibles, quelques fruits… Elle leva la tête et huma l’air. La trace de quelques petits rongeurs… Mais elle était trop fatiguée pour chasser. En haussant les épaules, elle tendit la main vers un fruit.
Retournant à sa cachette, le ventre plein, elle chercha mentalement son frère.
Colin ?
Elle attendit une dizaine de minutes, sans réponse.
Père ?
Maya ?
Père ! Où êtes vous ? Loin ? Pourquoi Colin de répond pas ?
Du calme, ma fille, du calme…fit la voix grave de Fir-hen. Ton frère est trop loin de toi pour pouvoir répondre. Nous sommes au village Trigun. Rejoins nous dès que possible.
Oui, père.
Elle savait où été Trigun. Elle y était déjà allez deux années auparavant. Juste après sa rencontre avec Allen… Elle serra les poings. C’était de l’histoire ancienne. Qu’elle l’oublie, ce vampire ! Mais tout de même… NON ! Elle avait dix huit ans, à présent. Elle pouvait se transformer en véritable loup garou, faisait partie des guerriers de la meute, ET N’AVAIT PLUS A PENSER A CE TYPE !!! Voulant s’occuper l’esprit, elle décida d’aller chasser un peu, malgré son épuisement. Elle trouva bien vite un lièvre, qui ne dura que quelques minutes. Mais cela suffisait. Se blottissant de nouveau entre les racines, elle ferma les yeux, se reposant avant de partir chercher sa famille.
Voici le petit début ^^
Encore le deux !
Ses grosses pattes s’enfoncèrent dans la boue, teintant sa magnifique fourrure blanche de tache marron dégoulinante… La louve leva la gueule, cherchant le moindre signe de vie humaine au alentour. Mais cette pluie l’aveuglait presque. Claquant de la mâchoire de frustration et descendit de son point d’observation et continua à filer droit devant à toute vitesse. Une semaine qu’elle cherchait Trigun. Et deux jours qu’il pleuvait. Maya en aurait presque pleuré de rage. Elle haïssait la pluie, désormais, elle en était certaine : Elle l’empêchait de retrouver les siens. Une heure plus tard, elle se résigna à trouver un abri pour la nuit, quand un bruit de musique lui parvint aux oreilles. Elle laissa pendre sa langue en un sourire de loup, puis reprit forme humaine. Etrangement, elle avait conservée sa tunique et son pantalon large resserré aux chevilles. De même que sa ceinture, sa bourse et sa dague. Seules manquait les bottes, qu’elle n’avait pas eut le temps d’envoûter afin qu’elles ne disparaissent pas lors de sa transformation. Trempée comme elle était, de toute façon, elle attirerait l’attention. Mais elle avait trop froid et trop faim. Réprimant un frisson de crainte devant la possibilité de se retrouver face à des chasseurs de loups, elle poussa la porte. Les ménestrels jouaient gaiement, la pièce était chaude et l’ambiance détendue. Un peu joyeuse, même. L’aubergiste aperçu la jeune fille et lui fit signe d’approcher.
« Et bin, on dirait qu’vous êtes trempée, mam’zelle. Venez ‘ci, près du feu, ça va vous réchauffer. »
Maya lui sourit avec gratitude et s’installa à l’endroit qu’il avait désigné. L’homme revint avec des vêtements secs et un bol de soupe.
« Dans la cuisine, tu as d’la place pour t’changer, mam’zelle. Mais mange moi ça avant, ça t’feras grand bien ! »
Maya le remercia et appliqua à la lettre ses conseils. Puis,
elle prit une chambre dans laquelle elle étendit ses affaires, et redescendit
dans la grande salle. Une serveuse se glissait avec agilité entre les tables,
prenant les commandes, servant, nettoyant, répliquant. Elle déposa devant Maya
un autre bol de soupe, avec du pain, et une épaisse tranche de jambon. La jeune
louve lui glissa une pièce et s’attaqua à son dîner, tout en surveillant les
humains du coin de l’œil. Avec ce qu’il s’était passé il y a trois jours, la
jeune fille était méfiante : les chasseurs prennent parfois des habits
civils pour passer inaperçus. Mais aucun des hommes de la salle n’était
menaçant et elle se détendit au point de commander un verre de vin.
Un ans plus tôt le jeune groupe de loups garou étaient descendu dans une
auberge, pour les quatre vingt dix ans de Colin et Liam. Ils avaient tous
roulés sous la table et depuis, Maya s’était surprise à aimer le vin.
Elle trempa les lèvres dans son verre et sourit. Celui-ci était bon. Sûrement que l’aubergiste le faisait lui-même. De plus en plus à l’aise, elle parcourut la pièce du regard, se servant un deuxième verre. Elle le méritait bien, après tout, vu c’est dix derniers jours particulièrement éprouvant. Ses sourcils se froncèrent. Les chasseurs devenaient de plus en plus nombreux. Et téméraire. Cinq les avaient attaqués, cette fois là. Aucun des loups n’avaient été blessé, mais la situation devenait de plus en plus dangereuse. La jeune fille sentit la colère chauffer au creux de son ventre. A moins que ce soit le vin. Elle regarda les humains dans l’auberge. Le propriétaire s’était montré généreux, et la servante particulièrement polie. Les autres clients la laissait tranquille, et ne se montrait même pas intéressés. De son côté, elle ne leur cherchait pas querelle, et ne tuait personne. Alors pourquoi vouloir à tous prix éliminer les siens ? Humains et loups ne pourraient ils pas vivre en harmonie ? Ou du moins cohabiter…
Sa gorge se serra quand elle repensa à ce que lui avait dit son frère, il y a deux mois, après une attaque de chasseur :
« Un jour, nous répliquerons. Et les autres créatures ne tarderont pas à nous rejoindre. Beaucoup d’innocents mourront, mais ils n’ont que trop tuer les nôtres. »
Une guerre. Les loups envisageaient une guerre contre les humains. Maya repensa à Belinda, la jeune femme à qui elle avait sauvé la vie, et avec qui elle avait partagé son souffle du loup. Elle repensa à Carin, le jeune voleur qu’elle avait sauvé d’une chute mortelle, et qui était devenu son ami, l’aidant à chaque fois que sa meute repassait au village. Puis elle repensa à April la jeune paysanne qui vivait dans une ferme, avec seulement ses parents. La jeune humaine, bien que terrifiée par les loups, n’avait pas hésité à retirer la balle d’argent de la patte arrière de Maya. Celle-ci avait repris forme humaine dès la balle extraite, et avait discuté avec la jeune fille durant toute la guérison. Soit trois longues journées. Elle repensa à bien d’autres humains avec lesquels elle avait des liens.
Non, elle refusait que ces gens là ne meurent. Ils ne le méritaient pas. Il fallait trouver pourquoi le nombre de chasseurs augmentait et pourquoi ils les pourchassaient.
L’ouverture brusque de la porte fit sursauter Maya. Elle tourna la tête en direction de l’entrée de l’auberge et vit trois hommes. Elle cessa de respirer.
Oh non…
Des chasseurs. De quoi, elle ne savait pas. Elle remarqua la croix autour du cou et soupira : ils chassaient les vampires. Puis elle sourit : le Dieu humain ne pouvait rien contre les sangsues. Pire, un humain ne pouvait STRICTEMENT rien, face à un vampire. Ils se berçaient d’illusions et se faisaient rouler en beauté. Maya grimaça devant cette injustice : pourquoi les balles lui faisait elle mal, à elle ? D’accord, aucune des armes conventionnelles de fonctionnait, seulement l’argent. Mais elle se transformait quand bon lui semblait, et la lune n’avait effet que sur… Elle rougit. Que sur sa libido…
L’un des chasseurs la fixa avec intensité. Maya lui rendit son regard avec un petit sourire. Qu’ils soient à la poursuite de vampires, sorciers, lutins ou autres, Maya détestait les chasseurs. Et l’envie de tuer ces trois là était très forte, d’autant qu’ils semblaient posséder aucune arme en argent. Elle regarda attentivement. Non, aucune. Mais il y avait trop de témoins…
« Sage réflexion, entendit elle murmurer à son oreille. »
Elle sursauta et regarda à côté d’elle. Plaquant sa main sur sa bouche pour étouffer un cri, elle dévisagea le nouveau venu. La peau très pâle, les yeux verts émeraudes, les cheveux d’un noir de jaie… d’une beauté fascinante et d’un charme ravageur. Allen. Ses yeux brillèrent de rage. Et dire qu’elle avait réussi à l’oublier…
« M’oublier ? Comment y seriez vous parvenue, belle demoiselle ? chuchota il, moqueur.»
Elle étouffa un grognement, et se concentra de nouveau sur les chasseurs. Pourvut que la présence du vampire n’attire pas leur attention ! Il y avait trop d’innocents pour un massacre…
« Ne vous en faites pas, ils ne reconnaissent les vampires que s’ils les voient mordre…
- Arrêtez de lire mes pensées ! siffla Maya en lui jetant un coup d’œil.
- Oh ! Mais vous parlez ! sourit il.
- Oui, on ne perd pas l’usage de la parole en deux ans. Maintenant, taisez vous ! »
Comment se tirer de là ? Comment remonter discrètement dans sa chambre ?
« J’ai la solution, susurra le vampire en lui attrapant le poignet. »
Aussitôt, Maya sentit son corps flotter et elle faillit rendre son dîner. Sa tête lui tourna et elle crut avoir perdu la vue. Puis elle se sentit propulsée…
Allez...
Elle rouvrit les yeux dans sa chambre, assise sur une chaise devant son lit. Allen y était allongé avec détachement, les bras croisés derrière la nuque. Il la regardait avec amusement. Quand sa tête cessa de tourner, elle se leva. Un doigt pointé sur Allen, accusateur, elle gronda :
« Ne refaites plus JAMAIS ça sans mon autorisation ! »
Le vampire sourit en se redressant. Puis, si vite que Maya ne perçut pas le mouvement, il fut devant elle, lui tenant fermement le bras. Si sa bouche souriait, ses yeux étaient durs :
« Je viens de vous aider, vous devriez être un peu plus aimable… Et évitez de me donner des ordres, ça à tendance à m’énerver. »
La prise autour de son bras se resserra et Maya hoqueta de douleur. Puis le vampire la lâcha pour retourner s’asseoir sur le lit. Reprenant une expression aimable, il lui demanda :
« Alors, Maya, qu’est ce qui vous amène en territoire vampirique ?
- Je vais à Trigun.
- Oh, et pour qu’elle raison ?
- Retrouver les miens…
- Les vôtres ? (Le vampire ricana.) Les clebs se sont enfuit la queue entre les jambes devant un chasseur ?
- Cinq chasseurs. Avec des chiens. (Maya fronça les sourcils.) Et, s’il vous plait, pas d’insultes. »
Le jeune homme haussa les épaules. Le silence retomba dans la chambre. Maya frotta son bras jusqu’à ce que le bleu disparaisse, puis alla s’asseoir sur son lit, le plus loin possible du vampire. Au bout d’un certain moment, elle soupira et se laissa tomber en arrière, le bras poser sur ses yeux fatigués.
« La barbe… Dix jours à filer sur mes pattes, à dormir à même le sol… Je trouve enfin une auberge… Et je dois partager ma chambre avec un vampire !
- Qui vous dit que je n’ai pas ma propre chambre ? »
Maya glissa son bras derrière la tête.
« Parce que vous êtes arrivé en même temps que ces gars. Sans passer par l’aubergiste. ( Elle eut un petit sourire.) Et que vous n’avez pas de bourse sur vous. »
Le vampire éclata de rire. Après avoir observé la jeune louve, il l’imita en s’affalant sur le lit.
« Je n’ai pas besoin de dormir, avoua t il. Mais me protéger de la pluie, oui. Et me reposer un peu, aussi.
- Ok, restez, du moment que vous ne me tuez pas. (Elle tendit sa main vers le plafond) Et je pense que je vais rester là jusqu’à ce que la pluie cesse.
- Ça risque de prendre du temps.
- J’ai l’éternité… répliqua amèrement Maya. »
Le vampire ne répondit pas mais elle sentit un haussement d’épaules. Mais que faisait il là ? Pourquoi réapparaissait il maintenant ? Que lui voulait il ? Deux ans…
« Tout à l’heure, je vous ai entendu pester contre les Chasseurs.
- Vous lisiez dans mon esprit avant d’arriver, marmonna la louve. Génial.
- Je cherchais un non-humain, s’expliqua le vampire.
- Bref. Ça vous intéresse mon avis sur les chasseurs ?
- Plutôt sur cette idée de guerre.
- Les vampires ne sont pas vraiment concernés, soupira Maya. J’ai bien compris que vous étiez pratiquement invincibles, et que vous n’aviez rien à craindre des chasseurs.
- Ils ont commencé à employer des sorciers, lâcha Allen après un court silence.
- Quoi ? »
La jeune fille se redressa vivement. Le vampire se répéta :
« Il y a des sorciers dans leurs rangs. Contraints et forcés, mais il y en a quand même.
- Les sorciers sont dangereux pour vous…?
- Disons qu’ils représentent une petite menace, sourit Allen. Nous sommes imperméables à leur magie, mais ils peuvent augmenter la chaleur d’un feu pour nous carboniser rapidement.
- Oh…
- Oui, « Oh », marmonna le jeune homme. Cette chasse aux monstres commence à énerver nos aristocrates et la réplique risque d’être sanglante, si vous voyez ce que je veux dire.
- Un peu comme nous.
- Je suppose que du côté des sorciers, ce doit être la même chose : ils doivent détester être prisonniers. »
Maya hocha la tête et ses yeux s’assombrirent.
« Vous recherchez des créatures de la nuit pour faire passer le message, hein ? »
Le vampire lui jeta un coup d’œil malicieux et répondit :
« Pas vraiment. Je cherche plutôt ceux qui ne voudrait se venger QUE sur les chasseurs. (Maya se rallongea.)
- Comme moi.
- Exactement. Je suis aussi d’avis que les innocents…
- Pardonnez moi, mais j’ai besoin de sommeil, le coupa t elle. Discutez de ça maintenant… Je n’y parviendrai pas. Surtout que j’ai beaucoup de choses désagréables qui me vienne en tête en votre présence.
- Désagréable ? s’esclaffa le vampire en se levant pour la laisser s’allonger correctement.
- Des répliques surtout. Votre régime alimentaire, par exemple. N’est il pas fait d’innocents ? Mais aussi le fait que vous m’agacez un peu. Enfin, je m’agace moi-même. Bref, cessons.
- Effectivement, vous avez l’air épuisé, murmura le vampire. »
Les yeux fermés, Maya sentit la main fraîche d’Allen lui caresser le front. Elle grogna :
« Epuisée, certes, mais encore capable de me défendre… »
Le vampire sourit en la voyant s’endormir. Il n’avait pas pensé la revoir, cette jeune fille assise sur un banc en plein carnaval. Il avait plusieurs fois été tenté de la retrouver, savoir pourquoi elle était différente. Il le savait à présent : elle était une louve. Mais ce mystère résolue en désigna bien d’autre : pourquoi ne le menaçait elle pas de mort ? Pourquoi ils ne se battaient pas ? Pourquoi elle lui était d’agréable compagnie, malgré son manque de manière ? Il fit la grimace en balayant toute ces questions d’un haussement d’épaules. Il hésita puis… souleva légèrement la louve, et s’allongea à côté d’elle. Ses pensées ne tardèrent pas à divaguées, jusqu’au rêve de la jeune fille étendue à ses côtés.
Han han, il est mieux ? j'ai fais des efforts quand même...
Et pourquoi pas la quatrième partie ?
Maya ?
La jeune fille marmonna et enfouit son nez dans la chemise de l’homme étendu contre elle.
Maya ?!
Elle cligna des yeux. Devant elle, une chemise blanche s’ouvrait légèrement sur un torse dont on devinait la perfection, d’une pâleur mortelle.
Maya !!
La jeune fille sauta du lit. Elle regarda autour d’elle, avant de rencontrer les yeux d’Allen. Elle étouffa un grognement et se concentra sur l’appel de son frère.
Qu’y a-t-il Colin ?
Ah ! Enfin !
Je dormais, vois tu…
J’ai cru le deviner…Son ton se fit plus sérieux. Nous avons été obligé de bouger…
Encore ?
Oui. Les cinq chasseurs ne nous ont pas lâchés. Nous sommes à Argentil.
C’est à plus d’une semaine de Trigun ! grogna mentalement Maya. Et je n’y suis pas encore…
Essaye de nous suivre. Au pire, trouve une autre meute, et attend que le danger passe.
Mais vous me manquez ! Je ne supporte pas être loin de vous…
Avance vite, alors. Ricana le loup.
Je suis épuisée et la pluie ne cesse de tomber.
Fais comme tu peux, mais ne te met pas en danger, je t’en supplie !
Maya regarda le vampire étendu sur son lit, s’étirant gracieusement.
Je ne risque strictement rien. Prends soin de toi.
Toi aussi.
Allen fit un mouvement pour se lever, mais la jeune fille l’attrapa par le col de sa chemise.
« Si vous profitez encore une fois de mon sommeil pour dormir avec moi… commença t elle.
- Il n’y a qu’un seul lit, coupa le jeune vampire en haussant les épaules.
- Je m’en fou ! Rien que l’idée de dormir avec vous…
- Vous plait assez, avouez le. »
Maya le relâcha avec rage et avança à la fenêtre. Chez les loups, dormir contre quelqu’un était une preuve de confiance et d’attachement. Et elle refusait qu’il la croit attaché à lui. Elle sentit sa présence à un mètre derrière elle. Une présence privée de chaleur, refroidissant l’air autour de lui.
« Drôle de façon de communiquer…finit il par dire.
- Vous avez encore lu dans ma tête ? s’écria la jeune fille en se retournant vivement.
- Vous êtes d’une clarté rare… ricana Allen en se passant la main dans les cheveux. Vous faîtes tellement de bruit qu’il faudrait que je sois humain pour ne pas vous entendre.
- Génial… marmonna Maya.
- Sauf à notre première rencontre. J’aurais du deviner que vous étiez…
- Ne prononcez pas le mot à voix haute, le coupa t elle. Ça a tendance à attirer les Chasseurs.
- D’accord. »
Il s’appuya contre la fenêtre, les yeux fixés sur le visage de la louve qui, elle, avait le regard vague, triste et douloureux. Il voulut l’effleurer pour la rassurer, mais elle n’avait pas besoin de son réconfort à lui, semblait il. Finalement, il soupira.
« Je peux vous y amener. »
Elle se tourna légèrement vers lui, la surprise peinte sur ses traits sauvages. Le vampire croisa les bras et se mis dos au mur.
« Par la même méthode que hier soir… expliqua t il. Ça ne prendrait que quelques secondes et vous seriez près des vôtres dans la minute qui suit… »
Maya parut réfléchir, puis secoua la tête.
« Non. Un loup se déplace à patte. (Elle hésita, puis finit par murmurer :) Mais merci quand même.
- Je vous accompagne, alors.
- Pour qu’elle raison ?
- Si vous rencontrez des chasseurs, vous ne serez peut être pas en état de combattre, vu votre fatigue…
- Je suis assez endurante pour…
- Et j’ai aussi des intérêts personnels à vous suivre, l’interrompit il. De Trigun à Argentil, il doit y avoir des créatures de la nuit. »
Maya chercha de quoi répliquer, mais haussa finalement les épaules avec indifférence. Elle retourna s’allonger sur le lit, le dos de ses mains posé sur les yeux. Comme il était angoissant d’être seule ! Comme elle avait envie de voir sa famille ! Une larme perla. Elle l’écrasa aussitôt, se rappelant la présence du vampire. Il ne l’avait pas encore tué, ce qui pouvait signifier qu’elle pouvant lui faire confiance. Du moins, sur ce point là. Mais lui confier sa peur ? Non ! Il devait la percevoir, de toute façon, se dit elle amèrement. Quelle belle louve je fais ! Effrayée par une bande d’humains… Mais la balle avait sifflé si près de ses yeux… Tout à coup, elle sentit le lit s’affaisser.
« Rendormez vous. Je veillerai à ce qu’aucun chasseur ne vienne…
- Je dois retrouver les miens…
- Dans votre état, ce sera difficile. Allez, obéissez. »
Malgré son scepticisme, elle ne tarda pas à sombrer dans un profond sommeil.
05 juillet 2008
J'ai quand même un peu bossé xD
« Et moi, je vous dis que c’est par là ! s’exclama une voix au beau milieu de la forêt. »
Allen croisa les bras, et répliqua :
« Non, par là, c’est le nord. Argentil est au sud est.
- Comparé à Trigun ! Mais nous sommes au sud de Trigun. Il faut allez au nord est !
- Ou simplement à l’est.
- Suivons autant que nous le pouvons la forêt, grogna la jeune fille.
- C’est donc ça ! s’esclaffa le vampire. Vous avez peur de quitter la forêt !
- Je n’ai pas peur, je préfère rester à couvert.
- Et pourquoi ?
- Je suis plus à l’aise, c’est tout ! Etre au milieu de tas de gens me met les nerfs à vif…
- Pourtant dans l’auberge…
- J’étais épuisée, et c’était nécessaire…
- Allez, ne prenons pas la route la plus longue…
- On y serait déjà si vous ne contestiez pas mes choix à chaque fois, vampire… finit par soupirer la jeune louve. Vous ne voulez pas que je me transforme, pas que j’aille dans la forêt… En quatre jours, vous m’avez plus énervé que durant toute ma courte vie !!
- J’en suis ravi, ricana le vampire. Maintenant cessez d’avoir peur et suivez moi. »
Maya leva les yeux au ciel, ayant compris dès le premier jour qu’il était inutile de discuter avec cet agaçant personnage. Mais lui céder trop facilement aurait été contraire à sa nature. Ils arrivèrent sur une route. La jeune fille se renfrogna immédiatement, glissant les mains dans les poches de son pantalon large. Allen lui jeta un coup d’œil dépréciateur.
« Vous devriez arranger votre apparence. Pas étonnant que l’on vous reconnaisse ! »
La jeune file haussa les épaules.
Ils avaient déjà eut cette conversation à leur départ de l’auberge. Allen s’était éclipsé un petit moment sans s’expliquer, et était revenu habillé comme un bourgeois. Et il lui proposait une robe des plus… encombrantes.
« Hors de question que je porte ce… cette chose ! s’était écriée la jeune louve. Je ressemblerai à… autant le dire : à rien ! »
La remarque avait laissé Allen indifférent et il l’avait forcé à enfiler la robe. Effectivement, voir la louve engoncée dans cette robe à froufrou, possédant un nombre incalculable de rangée de dentelles, était des plus hilarant. La beauté sauvage de Maya ne se prêtait guère aux habits en vogue à la cours des vampires ! Il était allé chercher une autre tenue, plus simple. L’habit allait étonnamment bien à la jeune fille, qui pourtant avait catégoriquement refusé de le porter. Elle alla même jusqu’à lui ordonner de s’habiller lui-même plus populairement. Offusqué, le vampire s’était évaporé durant une bonne heure… Pour revenir en pantalon noir, tunique blanche ceignit d’une ceinture à laquelle pendait une épée, avec un long manteau noir, et les cheveux attachés par un ruban en soie noir à la nuque. Des bottes en cuir noires à talonnettes complétaient la tenue. Exaspérée, Maya avait ceignit sa ceinture en cordelette de cuir sur sa tunique sans manche beige à décolleté carré, son pantalon de tissu brun, large et taille basse, dont le bas était enfouit dans des bottes souples et basses, donnant un effet bouffant. Seules marques de coquetterie : une chaîne en or avait un pendentif en forme de croissant de lune, et plusieurs cercles d’acier en guise de bracelet. Et ils s’étaient mis en route aussitôt.
Maya secoua la tête, mécontente de repenser à l’incroyable charisme du vampire dans cette tenue. Elle se passa les doigts dans ses cheveux emmêlés. Elle grimaça : bon, d’accord, elle pourrait faire quelques efforts. Ses yeux se levèrent au ciel. La nuit allait tomber. Elle tenta d’entendre le bruit d’une auberge : rien. La jeune fille sourit :
« Nous devrions trouver un endroit où je puisse dormir…
- Je croyais que vous vouliez allez vite, répliqua sèchement Allen.
- Ouais, mais Colin m’a dit d’être prudente. Et de faire comme je pouvais. Je n’ai pas assez récupéré.
- C’est vous qui voyez ! soupira le vampire en se passa la main sur le visage. Je suis las de vos exigences… »
Maya haussa les épaules et retourna dans la forêt. Dès que sa main frôla le premier arbre, elle se sentit renaître. Seule la présence d’Allen à ses côtés la retenait de se transformer sur le champ, et de filer à toute vitesse vers Argentil. Le vampire ne la laissa pas savourer ce moment de bonheur et l’entraîna à sa suite vers une grotte, à un kilomètre de la route.
« Vous connaissez cet endroit ? demanda t elle, surprise.
- J’y suis passé quelques fois, dans ma jeunesse, répondit il en ramassant du bois. Il fera froid, cette nuit, s’expliqua t il devant le regard surpris de la jeune fille. Je ne tiens pas à vous rapporter malade à votre famille…
- Oh ! »
Maya le regarda faire un petit moment, trop surprise pour réagir. Elle le laissa allumer le feu, et même étendre une épaisse couverture qu’il avait pris pour lui servir de matelas, avant de retrouver l’usage de sa voix :
« Je ne crains que les très basses températures…
- Peut être, mais vous utiliseriez des forces pour vous réchauffer, et ne serez pas complètement reposée. »
La jeune fille baissa la tête, ne sachant lui demander pourquoi il s’occupait autant d’elle depuis quatre jours… finalement, elle se laissa tomber sur la couche, et enleva ses bottes.
« Bon, je vais chasser…
- Je dois aussi me nourrir, où je ne vous garantis pas de pouvoir me tenir une nuit de plus !
- Oh… et bien…
- Dans une heure ici ? »
La jeune fille leva les yeux vers ceux d’Allen. Ils étaient d’un vert très sombre à la lueur du feu. Quels étaient les signes de la… faim, chez un vampire ?
« Nos crocs s’allongent, et notre peau devient… grise.
- Grise ? reprit Maya, nullement surprise qu’il ait lu dans son esprit.
- Dans une heure ? »
Elle savait qu’il ne donnerait pas plus de détails avant d’avoir « mangé », aussi elle hocha la tête. Il disparut aussitôt. Maya resta sans bouger une demi douzaine de minute, perdu dans ses pensées… Puis elle sauta sur ses pieds :
« Tu penses trop pour une louve, ma pauvre Maya… soupira t elle à voix haute »
Puis elle devint une louve blanche et s’enfonça dans la nuit…
Presque autre partie
Allen se redressa sur son séant. Maya avait une demi heure de retard. Une chasse ne durait pas non plus toute la nuit ! Un craquement le fit bondir sur ses pieds. Il aperçut la louve blanche deux secondes après. Il écarquilla les yeux d’émerveillement. Elle était… splendide. Sa fourrure ondoyait sous la légère brise et ses yeux bleu vif perçaient l’obscurité. Un peu de sang tachait son poitrail étroit, et sa gueule était refermée sur un gros rongeur. Elle le déposa près du feu et entrepris de se nettoyer. Allen n’avait pas bougé et osait à peine cligner des yeux. Puis la louve laissa place à Maya. Celle-ci se redressa avec grâce et s’étira. Ses yeux pétillait de bonheur et sur ses lèvres flottait un sourire. Elle adressa un clin d’œil au vampire :
« Rien de tel qu’une bonne chasse pour redevenir de bonne humeur ! »
Allen acquiesça en se rasseyant. Du coin des yeux, il observa la jeune loup garou dépecer et cuire l’animal. Puis elle entoura la viande de grande feuille et la fourra dans son sac en bandouillère acheté à leur départ. Devant la mine perplexe de son compagnon, elle s’expliqua :
« J’ai déjà mangé. Mais j’ai pensé que quelques réserves ne seraient pas de trop, vu que je n’ai plus rien de ce que j’avais acheté à l’auberge… (Le jeune homme haussa les épaules. Au bout de quelques instants, Maya alla s’allonger à côté de lui. C’était devenu naturel.) Dites… vous n’avez pas de famille ? »
Allen prit appuis sur son coude pour la regarder.
« Non, finit il par lâcher. Il y a bien celle qui m’a transformé, mais on ne peut pas dire qu’elle fut ma mère…
- Elle était quoi pour vous, alors ?
- Une amante.
- A-ah bon ? Et le jeune vampire roux de la dernière fois ?
- Valérian est une personne que j’apprécie. Sans plus.
- Je croyais que les vampires se considéraient comme une grande famille où les trois quarts des personnes se voyaient comme frère et sœur…
- Vous croyez mal, ricana Allen. Chez nous, c’est chacun pour soi. Tu peux avoir une maîtresse, un ami, mais un frère ? Une mère ? Nous n’avons aucune morale, aucun remords. Certains d’entre nous garde quand même des sentiments.
- Et toi ?
- Je m’en pense dépourvut, répondit Allen d’une voix morte.
- C’est pour ça que tu ne veux pas que la guerre n’éclate ? Pour faire quelque chose de bien qui s’opposera à la culpabilité que tu ressens d’être un sans cœur ?
- Vous avez le don de choisir les mots qui blesse… marmonna t il avec un rictus.
- Excusez moi… Je… J’essaie de vous comprendre. (Elle croisa ses mains devant elle, dirigées vers le ciel.) Le mode de fonctionnement d’un loup est aussi différent de celui des humains, et donc je n’arrive pas à comprendre ce à quoi vous aspirer…
- Alors pourquoi ne voulez vous pas de cette guerre ?
- Parce que je ne pense pas qu’elle soit nécessaire.
- C'est-à-dire ?
- Pour moi, la vengeance aura un goût amer si je tue une personne qui ne soupçonnait même pas l’existence d’un être comme moi. Comme si j’étais prise en étau entre deux anciens se battant pour d’anciennes querelles auxquelles je n’ai rien à voir et que j’en ressorte blessé…
- J’ai cru lire dans votre esprit, la dernière fois que…
- Comme tout le monde, je n’ai pas envie de voir des personnes que j’apprécie disparaître à cause des chasseurs, grogna t elle. Tout comme je n’ai pas envie que ma famille soit blessé par une réaction violente des humains. J’aimerais avant tout savoir pourquoi on nous hait, et régler ce problème par la racine, avant d’engendrer plus de haine.
- Vous parlez plutôt bien, pour un clebs.
- Je vous retourne le compliment, sangsue. »
Mais cette partie là n'est pas fini ! (Oh, j'avais des résultats à voir xD ) Je risque de la finir cet aprem' !